Mobilité / Newsletter du 1 Juin 2019

Comment développer le covoiturage domicile-travail ?



Chaque jour, 23,2 millions de Français quittent leur domicile pour se rendre à leur travail selon l’INSEE. Et 70 % d’entre eux le font en voiture, en grande majorité seuls. Ce sont les « autosolistes », selon le jargon des professionnels de la mobilité.
 

Étonnamment, ceux-ci sont peu enclins au covoiturage. Selon l’édition 2018 de l’Observatoire des mobilités, seuls 30 % des Français ont recours au covoiturage et ce pourcentage n’a pas évolué depuis 2014. De plus, la pratique s’est essentiellement développée sur les trajets longue distance de ville à ville et non sur les parcours au quotidien.
 

Pourtant, le covoiturage serait dans leur intérêt. Selon Klaxit, start-up de ce secteur créée en 2014, un automobiliste dépense 480 euros par mois en moyenne pour un trajet quotidien de 30 kilomètres entre le domicile et le lieu de travail. S’il prend un passager avec lui, ce montant passe à 360 euros par mois, soit une baisse de 25 %. Avec deux passagers, l’économie atteint 50 % pour un coût mensuel de 240 euros.
 

L’offre est également pléthorique. Outre Blablalines, un service dédié lancé par Blablacar, les usagers peuvent employer les services de Covoit’ici (service de la start-up Ecov), IDVROOM (filiale de la SNCF), Karos, Klaxit, Ouihop ou Roulez malin. Autant d’acteurs mobilisés par le syndicat des transports d’Ile-de-France à chaque pic de pollution.
 

Le problème principal semble venir de la peur d’être en retard le matin, notamment pour ceux qui ne sont pas conducteurs. Mais aussi de la difficulté à trouver une offre pertinente pour des trajets porte-à-porte. En réponse, les applications ont mis au point des algorithmes capables de mettre en relation les salariés d’une même localité avec des horaires similaires. Et dans le cas de zones d’activités avec de nombreux salariés, la solution s’avère pertinente notamment quand elle s’articule avec l’offre existante de façon multimodale.
 

C’est le cas dans la zone aéroportuaire de Toulouse-Blagnac, ou Transdev s’est associé à Karos pour mettre en place une solution de mobilité pour les 38 000 salariés. Les lignes de transport public du réseau urbain et celles des navettes de Transdev sont intégrées au moteur de calcul intermodal de Karos pour proposer des trajets de porte à porte couplant covoiturage et transport en commun.
 

Mais la vraie incitation doit surtout venir des entreprises. La loi d’orientation des mobilités (LOM) prévoit un forfait mobilité durable dont la participation pourra atteindre jusqu’à 400 euros par an en franchise d’impôt et de cotisation sociale. Car si les entreprises participent déjà aux pass de transports en commun, pourquoi ne le feraient-elles pas pour le covoiturage ?
 

https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/04/08/domicile-travail-l-autre-covoiturage_5447128_3234.html



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