Énergie / Newsletter du 1 Décembre 2018

Le biométhane, énergie clé de la transition énergétique



Le biométhane, énergie clé de la transition énergétique
Et si la France produisait 100 % de son gaz de façon locale et renouvelable d’ici 2050 ? C’est en tout cas l’ambition affichée par GRDF et GRTgaz dans un rapport commun publié avec l’ADEME. Selon celui-ci, la France possède un potentiel théorique de 460 TWh de gaz renouvelable, (c’est à dire du méthane produit localement à partir de matières organiques) alors que la demande devrait s’établir entre 276 et 361 TWh d’ici 2050.
 
Une ambition partagée par Engie, qui a annoncé en novembre investir 800 millions d’euros dans le biogaz français durant les cinq prochaines années. Et peut-être jusqu’à 2 milliards d’euros d’ici 2030.
 
Cet enthousiasme dissimule la préoccupation des gaziers pour l’avenir de leur filière, alors que les réductions de CO2 deviennent de plus en plus pressantes. Car si l’injection de biométhane sur le réseau n’est autorisée que depuis 2010, celle-ci devra représenter au minimum 30 TWh/an ou 10 % du gaz consommé en France d’ici 2030, selon la loi de transition énergétique.
 
Or, la France est encore loin de pouvoir tenir cet objectif. Seulement 600 unités de méthanisation sont installées sur le territoire et 66 injectent dans le réseau de gaz. Une production qui s’est élevée à 406 GWh (533 GWh/an) en 2017, contre 215 GWh en 2016 selon la 3e édition du Panorama du gaz renouvelable. L’Allemagne possède, elle, près de 10 000 unités de méthanisation.
 
Pour produire cette énergie, la France pourra compter sur ses sous-produits agricoles comme les cultures intermédiaires ou les déjections animales, les déchets des collectivités comme les fractions fermentescibles des ordures ménagères ou les boues des stations d’épuration et les déchets de l’industrie agroalimentaire qui servent à alimenter les méthaniseurs et produire le biogaz. 
 
Un mix gaz 100 % renouvelable permettrait d’éviter les émissions directes d’environ 63 Mt CO2/an ce qui représente 12,6 milliards d’euros pour une taxe carbone à 200 €/t de CO2.
 
Seul défi : gagner entre 30 et 40 % en termes de coûts d’ici 2030, pour obtenir la parité prix avec le gaz naturel. Un défi atteignable selon la présidente d’Engie Isabelle Kocher, qui rappelle que les prix du solaire avaient été divisés par 10 en dix ans.
 
 
Sources :
http://www.lefigaro.fr/societes/2018/09/25/20005-20180925ARTFIG00008-la-filiere-biomethane-prend-son-envol.php
https://www.lesechos.fr/thema/0302284108896-le-biomethane-injecte-vers-lautonomie-energetique-2207704.php
https://www.revolution-energetique.com/boostee-par-lallemagne-la-production-europeenne-de-biogaz-a-quadruple-en-10-ans/
https://www.grdf.fr/espace-presse/communiques-de-presse/mix-gaz-renouvelable-2050
 


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