Énergie / Newsletter du 1 Juin 2019

Micro-méthanisation : la nouvelle tendance



Que faire de nos déchets biodégradables ? D’ici 2025, leur collecte et leur valorisation seront obligatoires dans toute la France selon la loi de transition écologique adoptée en 2015. Et ce même pour les plus petits acteurs économiques. Si le compostage est une technique intéressante, il nécessite de l’espace de stockage et un temps relativement long pour transformer la matière organique et peut être source de nuisances comme l’émanation d’odeurs ou l’invasion de nuisibles.
 

La solution pourrait résider dans la méthanisation. Une technique qui consiste à enfermer les biodéchets dans une cuve étanche nommée digesteur, ou des bactéries les dégradent. Ce processus a l’avantage de produire en sous-produits du digestat, un fertilisant liquide très concentré. Ainsi que du biogaz principalement composé de méthane, que l’on peut ensuite injecter dans le réseau de gaz de ville ou utiliser pour générer de l’électricité, de la lumière, de la chaleur ou même du froid.
 

Des installations de ce type existent déjà en zone rurale pour traiter les déjections des élevages, ainsi que sur certaines centrales d’épuration. Mais leur échelle industrielle implique beaucoup de transport des déchets collectés, alors que ceux-ci sont composés à 80 % d’eau.
 

Il y a donc un marché pour de micro-méthaniseurs installés à l’échelle locale. C’est le pari de plusieurs entreprises, dont l’anglais SEAB Energy fondé en 2009 qui dispose d’une unité à Plaisir dans les Yvelines. Ou du français Bee and Co, crée en 2012, qui après plusieurs années de recherche et développement a installé depuis 2017 une unité pilote sur le marché de gros de Bordeaux.
 

Originalité de la solution, celle-ci tient dans deux containers maritimes et peut traiter entre 80 et 150 tonnes par an. Le digesteur accepte tous les déchets, même carnés, à condition qu’ils soient préalablement broyés. L’équipement contient une zone de stockage pour le gaz, et peut également séparer son digestat en éléments solides et liquides. Les solides sont séchés mécaniquement et composites, tandis que les liquides peuvent être filtrés afin de remplacer l’eau pour fluidifier les déchets entrants.
 

Un deuxième acteur français, Tryon Energie, a développé une solution similaire en container et capable de gérer 250 t/an. Un premier projet est actuellement en cours de déploiement dans les Yvelines, sur 3 000 t/an dans un premier temps avant évolution en fonction du gisement à traiter.
 

Enfin, la méthanisation séduit aussi les particuliers. La start-up israélienne HomeBioGas a mis au point un petit digesteur souple capable d’alimenter une plaque de cuisson deux heures par jour avec seulement deux kilos de matière organique. Soutenue par l’entrée à son capital de Engiem, elle entend désormais séduire les foyers des pays du Nord aussi bien que du Sud.
 

https://www.actu-environnement.com/ae/news/Micro-methanisation-biodechet-urbain-33226.php4

https://www.lemondedelenergie.com/renovation-energetique-urgence-accelerer/2019/04/11/

 



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