Bâtiment / Newsletter du 7 Octobre 2019

Quand l’impression 3D rencontre le recyclage de plastique…


​Dans les années 1960, le plastique fut une vraie révolution pour tous les secteurs (bâtiment, automobile, électronique, aéronautique, et surtout alimentation). Les emballages ont par exemple permis d’atteindre une meilleure sécurité alimentaire en prévenant efficacement des contaminations extérieures.


Dans les années 1960, le plastique fut une vraie révolution pour tous les secteurs (bâtiment, automobile, électronique, aéronautique, et surtout alimentation). Les emballages ont par exemple permis d’atteindre une meilleure sécurité alimentaire en prévenant efficacement des contaminations extérieures. 

Aujourd’hui, 300 millions de tonnes de plastique sont produites chaque année dans le monde, dont plus de 60 en Europe et l’emballage absorbe la grande majorité des plastiques à courte durée d’utilisation (quelques heures seulement parfois). Le plastique est tellement présent dans notre environnement, qu’il est utilisé comme marqueur stratigraphique de l’Anthropocène, époque géologique qui se distingue par l’interférence de l’activité humaine. Dans l’environnement, le plastique se dégrade pendant 100 à 200 ans en micro puis en nanoparticules qui finissent par se répandre dans tous les organismes vivants. Cela se produira massivement dès la fin du XXIème siècle, et il est encore difficile d’évaluer les effets sur la santé de la présence de ces particules sur toute la chaîne alimentaire. 

​Que deviennent ces déchets plastiques ?

Aujourd’hui on estime que seulement 10% des déchets plastiques sont recyclés, dont 2% en circuit fermé (c’est-à-dire récupérés pour produire un matériau utilisable comme un plastique neuf sans dégradation). 35 à 50% sont dispersés de façon incontrôlée dans l’environnement, 20 à 40% sont regroupés dans des stations d’enfouissement et 9 à 14% sont incinérés. 

Le plastique n’est pas un matériau unique et il en existe plusieurs types, tous dérivés du pétrole. Seuls les bouteilles de type PET (polyéthylène téréphtalate) peuvent se plier aux contraintes du recyclage en boucle fermée. 

​Et l’impression 3D dans tout ça ?

L’impression 3D peut être considérée comme une méthode de fabrication plus verte car elle permet de consommer seulement la matière dont on a besoin. Le principe de base est de superposer des couches de matière grâce à un filament chauffé ou collé par exemple. De nombreux acteurs du secteur proposent désormais des solutions permettant d’allier les bénéfices de l’impression 3D à ceux du recyclage. 

Par exemple, la jeune pousse néerlandaise 3Devo a développé une machine capable de transformer les déchets plastiques en granulés imprimables en 3D. Elle combine les capacités d’un broyeur et d’une déchiqueteuse,  capable de recycler 5,1 kilos de plastique en une heure. En parallèle de ce système, une machine permet de créer directement le filament à partir des granulés pour alimenter l’imprimante 3D. 

Certains fabricants proposent des filaments à partir de bouteilles d’eau, de cartouches d’encre, de gobelets ou même de pots de yaourts. 

Plus étonnant encore, l’entreprise hollandaise « The New Raw » a implanté son nouveau projet « Print your City » en Grèce dans la ville de Thessalonique. Le parc public Hanth est désormais entièrement équipé d’un mobilier urbain conçu grâce à des imprimantes 3D, à base de 800 kilos de déchets plastiques. Au total, 2900 habitants se sont impliqués dans ce projet pour recycler leurs déchets et participer à la conception des « meubles urbains » : modèle, couleur, emplacement et fonctionnalité ont été votés. 
 
Les projets de recyclage se multiplient et se diversifient, mais n’oublions pas que le recyclage nécessite un apport d’énergie, et implique le plus souvent une dégradation du matériau. La majorité des déchets plastiques se retrouvent dans notre environnement et le meilleur déchet étant celui qu’on ne produit pas, on ne pourra pas se passer d’une réduction efficace de notre consommation de plastiques.


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