Ville / Newsletter du 1 Juin 2019

WeWork veut rentrer sur le marché des Smart Cities



Dans notre monde ultra-connecté, le succès d’une entreprise est de plus en plus lié à sa capacité à utiliser des données pour définir sa stratégie. Et c’est ce qu’a très bien compris WeWork, qui entend aujourd’hui utiliser son approche « data driven » pour devenir un acteur de la ville de demain en partenariat avec les pouvoirs publics et privés.
 

Lancé à Manhattan en 2010, WeWork s’est imposé comme le leader mondial du coworking avec des locaux dans plus de 100 villes, 400 000 usagers et une valorisation de 42 milliards de dollars. L’entreprise qui s’est récemment rebaptisée « the We Company » s’est même diversifiée dans l’hébergement locatif (WeLive), les crèches Montessori (WeGrow), le fitness (WeRise) et l’événementiel en rachetant Meetup en 2017.
 

Des largesses permises par son actionnaire principal, le japonais Softbank, et qui assurent à la start-up un développement fulgurant dans le domaine des services malgré un déficit chronique de plusieurs centaines de millions de dollars par trimestre.

Dans cette course au monopole, qui n’est pas sans rappeler celle de Uber dans les transports, la We Company a donc fait le choix de maximiser son usage des données, qu’elles soient publiques ou produites par les utilisateurs.
 

L’entreprise s’est pour cela adjoint les services de Di-Ann Eisnor. Une cadre de Google anciennement à la tête du programme « Connected Cities » de Waze, qui vise à améliorer le trafic urbain en partageant des données de l’application d’aide à la conduite avec les municipalités.
 

La We Company entend développer une approche similaire pour générer de nouvelles sources de revenus en créant selon ses mots un « Sim City » dans la vraie vie qu’elle pourra monnayer auprès d’autres acteurs. Si les détails du projet n’ont pas été rendus publics, la We Company peut compter sur son expertise qui lui permet déjà de définir algorithmiquement les meilleurs emplacements pour ses locaux, en agrégeant des données aussi variées que le prix de l’immobilier, les données sociologiques des habitants ou les commerces à proximité. Ainsi que sur les données de Meetup qui, depuis dix-huit ans, est un outil incontournable de l’événementiel et propose à la façon de Facebook des sorties basées sur les goûts de ses usagers.
 

Cette forme de « gentrification assistée par ordinateur » est assumée pleinement par l’entreprise, car sa clientèle est quasi exclusivement composée de jeunes urbains diplômés soucieux de leur qualité de vie et de leurs conditions de travail. Mais ces données seront-elles intéressantes pour d’autres acteurs plus soucieux de la mixité sociale comme les mairies et autres administrations publiques ?
 

https://www.citylab.com/equity/2019/03/wework-smart-cities-machine-learning-coworking-urban-data/585343/

 



Les articles les plus récents